L'excès de vitesse est la première cause de mortalité routière en France et l'infraction la plus fréquemment sanctionnée par les radars automatiques. Les sanctions sont proportionnelles à la gravité du dépassement : amende, retrait de points, suspension voire annulation du permis. Ce guide présente l'intégralité du barème en vigueur, les règles de calcul de la vitesse retenue, les circonstances aggravantes et les démarches disponibles après une infraction.
1. Barème officiel des sanctions par palier de dépassement
Les sanctions sont définies à l'article R413-14 du Code de la route. Elles varient selon deux critères : l'ampleur du dépassement et la limitation en vigueur sur le tronçon contrôlé.
Depuis le 1er janvier 2024, les excès de vitesse inférieurs à 5 km/h (en vitesse retenue) ne donnent plus lieu à un retrait de points. L'amende forfaitaire reste due.
Depuis le 29 décembre 2025, tout excès de vitesse égal ou supérieur à 50 km/h constitue un délit pénal dès la première infraction (loi du 9 juillet 2025 relative à la violence routière, décret n° 2025-1269 du 24 décembre 2025). Il relevait auparavant d'une contravention de 5e classe.
Excès inférieur à 20 km/h — hors agglomération (limitation > 50 km/h)
Classe : Contravention de 3e classe
Retrait de points : 1 point (uniquement si l'excès est ≥ 5 km/h en vitesse retenue)
Amende forfaitaire : 68 €
Amende minorée (paiement sous 15 jours, ou 30 jours par télépaiement) : 45 €
Amende majorée (au-delà de 45 jours, ou 60 jours par télépaiement) : 180 €
Suspension de permis : Non applicable
Excès inférieur à 20 km/h — en agglomération ou limitation ≤ 50 km/h
Classe : Contravention de 4e classe
Retrait de points : 1 point (uniquement si l'excès est ≥ 5 km/h en vitesse retenue)
Amende forfaitaire : 135 €
Amende minorée : 90 €
Amende majorée : 375 €
Suspension de permis : Non applicable
Excès compris entre 20 et 29 km/h
Classe : Contravention de 4e classe
Retrait de points : 2 points
Amende forfaitaire : 135 €
Amende minorée : 90 €
Amende majorée : 375 €
Suspension de permis : Possible sur décision judiciaire (à partir de 30 km/h)
Excès compris entre 30 et 39 km/h
Classe : Contravention de 4e classe
Retrait de points : 3 points
Amende forfaitaire : 135 €
Amende minorée : 90 €
Amende majorée : 375 €
Suspension de permis : Jusqu'à 3 ans possible — rétention immédiate du permis en cas d'interpellation
Peines complémentaires possibles : stage de sensibilisation obligatoire, confiscation du véhicule, interdiction de conduire certains véhicules à moteur pendant 3 ans
Excès compris entre 40 et 49 km/h
Classe : Contravention de 4e classe
Retrait de points : 4 points
Amende forfaitaire : 135 €
Amende minorée : 90 €
Amende majorée : 375 €
Suspension de permis : Jusqu'à 3 ans — rétention immédiate du permis en cas d'interpellation
Peines complémentaires possibles : stage de sensibilisation obligatoire, confiscation du véhicule, interdiction de conduire certains véhicules à moteur pendant 3 ans
Excès égal ou supérieur à 50 km/h — délit depuis le 29 décembre 2025
Qualification : Délit pénal (tribunal correctionnel)
Retrait de points : 6 points
Amende forfaitaire délictuelle (AFD) : 300 € (proposée par le parquet aux primo-infracteurs sans récidive dans les 5 ans)
AFD minorée (paiement sous 15 jours) : 250 €
AFD majorée (retard de paiement) : 600 €
En cas de poursuites devant le tribunal : jusqu'à 3 750 € d'amende et 3 mois d'emprisonnement
Peines complémentaires : suspension du permis jusqu'à 3 ans (sans sursis ni permis blanc), interdiction de conduire certains véhicules à moteur pendant 5 ans, confiscation du véhicule si le conducteur en est propriétaire, stage de sensibilisation à la sécurité routière obligatoire
En cas de récidive : jusqu'à 3 750 € d'amende, 3 mois d'emprisonnement, confiscation obligatoire du véhicule, annulation du permis avec interdiction de solliciter un nouveau permis pendant 3 ans
Attention : le paiement de l'amende forfaitaire délictuelle vaut reconnaissance du délit. Il figure sur le casier judiciaire (bulletin B2), ce qui peut avoir des conséquences pour l'accès à la fonction publique, aux métiers du transport ou à certaines professions réglementées. Réfléchissez avant de payer si vous estimez disposer de motifs de contestation.
2. Vitesse retenue : comment est calculée la sanction après un flash radar
La vitesse retenue est la vitesse mesurée par le radar diminuée d'une marge technique réglementaire. C'est cette vitesse retenue — et non la vitesse brute mesurée — qui détermine la sanction applicable.
La marge est définie par l'arrêté du 4 juin 2009 relatif aux cinémomètres de contrôle routier. Elle est identique pour tous les radars fixes, qu'ils soient installés en cabine, embarqués dans un véhicule ou tenus à la main par un agent.
Radars fixes et contrôles en poste fixe :
— Vitesse mesurée inférieure à 100 km/h : marge de 5 km/h déduite
— Vitesse mesurée égale ou supérieure à 100 km/h : marge de 5 % déduite
Voitures-radars en circulation :
— Vitesse mesurée inférieure à 100 km/h : marge de 10 km/h déduite
— Vitesse mesurée égale ou supérieure à 100 km/h : marge de 10 % déduite
Exemples concrets :
— Flashé à 98 km/h sur une route limitée à 90 km/h par un radar fixe : vitesse retenue = 93 km/h, soit un excès de 3 km/h. Aucun point retiré (excès inférieur à 5 km/h), amende forfaitaire due.
— Flashé à 88 km/h sur une route limitée à 80 km/h par une voiture-radar : vitesse retenue = 78 km/h. Aucune infraction constituée.
— Flashé à 157 km/h sur une autoroute limitée à 130 km/h par un radar fixe : vitesse retenue = 149 km/h, soit un excès de 19 km/h. Retrait d'1 point, amende de 68 €.
La tolérance n'est pas une invitation à dépasser les limitations. Elle compense uniquement l'imprécision technique des appareils de mesure homologués. Ce n'est pas un seuil légal de tolérance accordé aux conducteurs.
3. Circonstances aggravant les sanctions
Excès commis en agglomération
Un excès inférieur à 20 km/h est sanctionné plus lourdement en agglomération (135 € au lieu de 68 €) en raison de la présence accrue de piétons et d'usagers vulnérables.
Alcool ou stupéfiants au volant
Un excès de vitesse commis sous l'empire d'un état alcoolique ou après usage de stupéfiants aggrave les sanctions pénales. Les deux infractions sont cumulées et jugées ensemble.
Conducteur en permis probatoire
Les conducteurs en période probatoire disposent d'un capital initial de 6 points. Un excès de vitesse entraînant un retrait de 6 points invalide automatiquement le permis. Pour un excès supérieur à 20 km/h, un stage de sensibilisation est obligatoire, sous peine d'annulation du permis.
Récidive dans les cinq ans
Pour le délit de grand excès de vitesse (≥ 50 km/h), la récidive dans les cinq ans entraîne les sanctions maximales : jusqu'à 3 750 € d'amende, 3 mois d'emprisonnement, annulation du permis et confiscation obligatoire du véhicule.
4. Quand et comment contester un PV pour excès de vitesse
Le délai de contestation
Vous disposez de 45 jours à compter de la date d'envoi de l'avis de contravention pour déposer une requête en exonération. Ce délai est réduit à 30 jours pour une amende forfaitaire majorée.
Attention : le paiement de l'amende vaut reconnaissance de l'infraction. Il rend toute contestation ultérieure irrecevable et déclenche le retrait de points.
Les motifs recevables
— Vice de forme sur le PV : date, heure, lieu ou numéro de plaque erronés
— Vous n'étiez pas le conducteur du véhicule au moment des faits (vol, usurpation de plaque, prêt du véhicule)
— Signalisation défectueuse ou absente sur le tronçon contrôlé
— Non-conformité ou défaut d'étalonnage du cinémomètre utilisé
— Photo radar ne permettant pas d'identifier le véhicule ou le conducteur
La procédure
En ligne : rendez-vous sur le portail de l'ANTAI (antai.gouv.fr). La transmission électronique fournit un accusé de réception immédiat, qui fait foi en cas de délai serré. Vous pouvez joindre les pièces justificatives numérisées directement depuis l'interface.
Par courrier : envoyez un courrier recommandé avec accusé de réception à l'officier du ministère public (OMP) dont l'adresse figure sur l'avis de contravention. Joignez l'original du formulaire de requête en exonération et les pièces justificatives.
Si vous n'étiez pas au volant, vous devez désigner le conducteur réel dans le même délai de 45 jours. Une fausse désignation constitue un délit distinct, puni de 6 mois d'emprisonnement et de 7 500 € d'amende.
Les chances de succès sont plus élevées pour les infractions détectées par radar automatique que pour les infractions constatées par interpellation directe des forces de l'ordre.
5. Après un retrait de points : quelles options pour reconstituer son capital
La récupération naturelle par le temps
En l'absence de nouvelle infraction entraînant un retrait de points, les points sont progressivement restitués selon les règles suivantes :
— Récupération d'1 point au bout d'un an sans infraction (pour les permis à 12 points)
— Retour au capital complet de 12 points au bout de deux ans sans infraction
— Pour les points retirés suite à un excès compris entre 40 et 49 km/h : les 4 points sont récupérés après 3 ans sans infraction
Le stage de récupération de points
Un stage de sensibilisation à la sécurité routière permet de récupérer jusqu'à 4 points sur le permis, dans la limite du capital maximal de 12 points.
Un seul stage peut être effectué par période de douze mois.
Le stage dure deux jours et se déroule dans un centre agréé par la préfecture.
Les points sont crédités après réception de l'attestation de fin de stage par les services de l'État.
Le stage est ouvert à tout conducteur dont le solde de points est compris entre 1 et 11 points. Il n'est pas accessible aux conducteurs dont le permis a été invalidé.
