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Alcool au volant : barème des amendes et retrait de points

10 min de lecture

L'alcool au volant est impliqué dans près de 30 % des accidents mortels sur les routes françaises. C'est la deuxième cause de mortalité routière après l'excès de vitesse. Les sanctions sont définies par les articles R234-1 et L234-1 du Code de la route et ont été significativement durcies par la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025. Ce guide présente l'intégralité du barème en vigueur, les circonstances aggravantes, les conséquences pratiques et les démarches disponibles après une infraction.

1. Les seuils légaux d'alcoolémie

Le Code de la route distingue deux seuils selon le profil du conducteur.

Profil du conducteur Seuil légal (sang) Équivalent air expiré
Permis classique 0,5 g/L 0,25 mg/L
Permis probatoire 0,2 g/L 0,10 mg/L
Conducteur de transport en commun 0,2 g/L 0,10 mg/L
À titre indicatif : un verre d'alcool standard (un demi de bière, un verre de vin de 12 cl ou un shot de 3 cl) fait monter le taux d'environ 0,20 à 0,30 g/L selon le poids, le sexe et l'heure du dernier repas. Le métabolisme élimine en moyenne 0,10 à 0,15 g/L par heure. Une soirée arrosée peut placer un conducteur au-dessus du seuil légal le lendemain matin.

2. Barème officiel des sanctions par palier

La frontière déterminante est fixée à 0,8 g/L de sang. En dessous, l'infraction est contraventionnelle. Au-delà, elle bascule dans la catégorie des délits et entraîne une procédure pénale.

Taux entre 0,5 et 0,79 g/L — contravention

−6 points
Taux entre 0,5 et 0,79 g/L de sang
Contravention 4e classe
Minorée
90 €
Forfaitaire
135 €
Majorée
375 €
Maximale
750 €
Pas de rétention immédiate du permis à ce seuil. Suspension judiciaire jusqu'à 3 ans théoriquement possible mais rare en pratique pour une première infraction sans accident.

Taux de 0,2 à 0,49 g/L — permis probatoire uniquement

−6 points
Taux entre 0,2 et 0,49 g/L — permis probatoire
Contravention 4e classe
Minorée
90 €
Forfaitaire
135 €
Majorée
375 €
Maximale
750 €
Un conducteur en première année de permis probatoire dispose de 6 points. Un retrait de 6 points entraîne l'invalidation automatique du permis et l'envoi d'une lettre 48SI.

Taux égal ou supérieur à 0,8 g/L — délit

−6 points
Taux ≥ 0,8 g/L — délit depuis la loi du 9 juillet 2025
Tribunal correctionnel
Amende max.
9 000 €
Prison max.
3 ans
Suspension
Jusqu'à 6 mois
Rétention
Immédiate
Rétention immédiate du permis pendant 120 heures maximum. Le préfet engage obligatoirement une suspension administrative dans ce délai. En pratique, un primo-délinquant à 0,9 g/L sans accident écope souvent d'une amende de 500 à 1 200 € et d'une suspension de 4 à 6 mois.

Refus de se soumettre au contrôle d'alcoolémie

−6 points
Refus de contrôle d'alcoolémie
Délit — article L234-8
Amende max.
4 500 €
Prison max.
2 ans
Suspension
Jusqu'à 6 mois
Rétention
Immédiate
Le refus de contrôle est traité comme un délit d'alcoolémie. Depuis juillet 2025, les peines maximales du refus (2 ans, 4 500 €) sont inférieures à celles du délit d'alcoolémie à ≥ 0,8 g/L (3 ans, 9 000 €). Refuser un contrôle n'offre donc aucun avantage juridique.

3. Circonstances aggravant les sanctions

Récidive dans les cinq ans

La récidive du délit de conduite en état d'ivresse dans un délai de cinq ans entraîne l'annulation automatique du permis de conduire (article L234-13 du Code de la route). Les peines montent à 4 ans de prison et 9 000 € d'amende. Une interdiction de repasser le permis pendant 3 ans peut être prononcée.

Cumul alcool et stupéfiants

La loi du 11 juillet 2025 crée un délit autonome pour le cumul alcool et stupéfiants au volant. Le retrait de points est porté à 9 points — une exception au plafond habituel de 8 points pour plusieurs infractions simultanées. L'amende peut atteindre 15 000 € et la peine d'emprisonnement 5 ans. L'annulation du permis peut être prononcée.

Accident avec blessures ou décès

En cas d'accident ayant entraîné des blessures ou un décès, la durée maximale de suspension administrative passe de 6 mois à 1 an. Les peines prononcées par le tribunal sont significativement aggravées.

Conducteur en permis probatoire

Un conducteur en période probatoire en première année dispose de 6 points. Tout retrait de 6 points, quel que soit le taux d'alcool constaté au-delà du seuil de 0,2 g/L, entraîne l'invalidation automatique du permis. Le conducteur reçoit une lettre 48SI et doit repasser les épreuves du permis après un délai fixé par le préfet.

4. La procédure de contrôle

Le dépistage s'effectue en deux étapes.

Le contrôle initial se fait à l'éthylotest : l'agent souffle dans un appareil qui donne un résultat positif ou négatif. Ce test ne constitue pas une preuve juridique.

En cas de résultat positif, une vérification à l'éthylomètre homologué ou une prise de sang est réalisée. C'est ce second résultat qui détermine le taux précis et les sanctions applicables.

Seul le résultat de l'éthylomètre homologué ou de la prise de sang fait foi juridiquement. Un résultat positif à l'éthylotest de dépistage ne suffit pas à déclencher des sanctions : il conditionne uniquement la suite de la procédure.

5. L'éthylotest anti-démarrage (EAD)

Depuis 2019, le préfet peut proposer un éthylotest anti-démarrage (EAD) comme alternative à la suspension administrative du permis. Le dispositif bloque le démarrage du véhicule si le taux d'alcool expiré dépasse le seuil programmé.

L'EAD est principalement utilisé pour les taux inférieurs à 1,8 g/L de sang. Il peut aussi être imposé par le juge comme peine complémentaire, pour une durée maximale de 5 ans. En cas de récidive, son installation devient souvent obligatoire.

Les frais d'installation et d'entretien sont intégralement à la charge du conducteur.

6. Conséquences sur le contrat d'assurance auto

Une condamnation pour alcool au volant se répercute directement sur le contrat d'assurance. L'assureur peut augmenter la prime lors du renouvellement, résilier le contrat, ou refuser d'indemniser le conducteur en cas d'accident responsable commis sous l'emprise de l'alcool.

En cas d'accident avec tiers, l'assureur peut également exercer un recours contre le conducteur pour récupérer les sommes versées aux victimes.

Obligation de déclaration : une condamnation pénale pour alcool au volant constitue une aggravation du risque. Le conducteur a l'obligation de la déclarer à son assureur dans les délais prévus au contrat. Une fausse déclaration peut entraîner la nullité du contrat.

7. Contester un PV pour alcool au volant

Le délai de contestation

Vous disposez de 45 jours à compter de la date d'envoi de l'avis de contravention pour déposer une requête en exonération. Ce délai est porté à 60 jours si l'avis vous a été adressé par voie électronique.

Attention : le paiement de l'amende vaut reconnaissance de l'infraction. Il rend toute contestation ultérieure irrecevable et déclenche le retrait de points.

Les motifs recevables

— Vice de forme sur le procès-verbal : date, heure, lieu ou numéro de plaque erronés

— Non-conformité ou défaut d'étalonnage de l'éthylomètre utilisé

— Absence de présentation du certificat d'homologation de l'appareil sur demande

— Non-respect de la procédure : absence de contre-expertise proposée, délai entre les deux mesures non respecté

La procédure

En ligne : portail de l'ANTAI (antai.gouv.fr). La transmission électronique fournit un accusé de réception immédiat, qui fait foi en cas de délai serré.

Par courrier : envoyez un courrier recommandé avec accusé de réception à l'officier du ministère public dont l'adresse figure sur l'avis de contravention. Joignez l'original du formulaire de requête en exonération et les pièces justificatives.

8. Après un retrait de points : reconstituer son capital

La récupération naturelle par le temps

En l'absence de nouvelle infraction entraînant un retrait de points, le capital se reconstitue progressivement. Le retour au capital complet de 12 points intervient au bout de trois ans sans infraction pour les infractions ayant entraîné un retrait de 6 points.

Le stage de récupération de points

Un stage de sensibilisation à la sécurité routière permet de récupérer jusqu'à 4 points sur le permis, dans la limite du capital maximal de 12 points. Un seul stage est possible par période de douze mois.

Le stage dure deux jours dans un centre agréé par la préfecture. Les points sont crédités après réception de l'attestation de fin de stage par les services de l'État.

Le stage est accessible à tout conducteur dont le solde est compris entre 1 et 11 points. Il n'est pas accessible aux conducteurs dont le permis a été invalidé.

FAQ

Quel est le taux d'alcool autorisé au volant en France ?

0,5 g/L de sang (0,25 mg/L d'air expiré) pour les conducteurs titulaires d'un permis classique. Le seuil est abaissé à 0,2 g/L pour les conducteurs en période probatoire et les conducteurs de transports en commun.

Combien de points je perds pour alcool au volant ?

6 points, quel que soit le taux constaté au-delà du seuil légal. En cas de cumul avec des stupéfiants, le retrait est porté à 9 points depuis la loi du 11 juillet 2025.

Quelle est l'amende pour alcool au volant ?

Pour un taux entre 0,5 et 0,79 g/L, l'amende forfaitaire est de 135 € (minorée à 90 € sous 15 jours, majorée à 375 € au-delà de 45 jours). Pour un taux à 0,8 g/L ou plus, il s'agit d'un délit passible de 9 000 € d'amende maximum depuis la loi du 9 juillet 2025.

Mon permis est-il suspendu immédiatement en cas d'alcool au volant ?

Pour un taux entre 0,5 et 0,79 g/L, il n'y a pas de rétention immédiate du permis dans la grande majorité des cas. Pour un taux à 0,8 g/L ou plus, le permis est retenu immédiatement pendant 120 heures maximum, et le préfet engage obligatoirement une suspension administrative dans ce délai.

Qu'est-ce que l'éthylotest anti-démarrage ?

L'éthylotest anti-démarrage (EAD) est un dispositif qui bloque le démarrage du véhicule si le conducteur présente un taux d'alcool supérieur au seuil programmé. Il peut être proposé par le préfet comme alternative à la suspension de permis, ou imposé par le juge comme peine complémentaire pour une durée maximale de 5 ans.

Peut-on récupérer les 6 points perdus pour alcool au volant ?

Oui. Deux options existent : la récupération naturelle au bout de trois ans sans nouvelle infraction, ou un stage de récupération de points dans un centre agréé, qui permet de récupérer jusqu'à 4 points en deux jours. Un seul stage est possible par période de douze mois.

Que se passe-t-il en cas de récidive pour alcool au volant ?

La récidive dans les cinq ans entraîne l'annulation automatique du permis, des peines pouvant atteindre 4 ans de prison et 9 000 € d'amende, ainsi qu'une possible interdiction de repasser le permis pendant 3 ans.

Vous avez perdu des points suite à une infraction pour alcool au volant ?

Un stage de récupération de points vous permet de regagner jusqu'à 4 points en deux jours dans un centre agréé près de chez vous.

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